Mécréant
Pour justifier ma vie pas besoin de patron
Qui police mes envies
Qui me donne le pardon
Je n'pose pas à genoux
Mes erreurs et mes vices
Avec pour garde fou
La joie du sacrifice
Je n'mens pas la beauté
Dans mes histoires de fesses
La sensualité
N'est pas affaire de messe
J'ai de l'amour en masse
Et de quoi pardonner
Seul le temps qui s'efface
Est mon jugement dernier
Y pas de religion
Ni un ordre divin
Qui rende les hommes bons
Ou honnêtes ou malins
Les indiens l'Afrique Noire
Pour du pipi de curé
Ont flingué leur histoire
Sur l'autel de bonté
Y pas de hit parade
Dieu Bouddha ou Allah
Si t'en fais une salade
Les grumeaux ne passent pas
Quand ils vont au combat
Ils nient leur évidence
Leur amour si sympa
Se noie dans la démence
Inutile que j'écoute
A quelque rituel
Pour la clé de mes doutes
Un guide spirituel
Mentis les mots sont beaux
Et c'est une platitude
Pour dire qu'on est heureux
Parlons béatitude
Je peux aider mes frères
Sans sentir sur ma tête
L'épée d'une colère
Le sourire d'un prophète
Foin d'essayer de fondre
L'Univers et les Bibles
Il ne faut pas confondre
Miracles et possibles
J'suis animal peureux
J'ai faim et j'ai envie
Je n'appelle pas les cieux
Pour comprendre ma vie
Et pour mon libre arbitre
Qui n'est que relatif
Pas besoin d'un bon pitre
Pour le rendre captif
J'ai des erreurs en vrac
Et du faux et du vrai
Et il n'y a pas d'arnaque
Quand je fais je le fais
Ma foi n'a pas de Dieu
Ni un paradis d'or
Pour faire briller mes yeux
Y la vie qui me mord
Faut pas pour l'harmonie
Choisir un responsable
Et pour la connerie
Un enfer et le diable
Et la fin qui viendra
Ne m'emmènera nulle part
Ce qui existe est là
Et voilà mes espoirs
Et la consolation
Pour la perte et la mort
Ne vient pas du plafond
Mais d'amis que j'adore
Pas de vie à refaire
En babouin ou en mouche
Celle-ci est la dernière
Que je sens et je touche
Pour vivre la beauté
Et tous les inconnus
La sagesse peut aider
Le petit singe perdu
Alors face à la lune
A la terre au soleil
A l'océan aux dunes
Que chacun s'émerveille
Tant pis pour les fidèles
Qui sont aussi mes frères
Je refuse leurs ailes
Pour vivre ma misère
Nous sommes tous des mendiants
Y tout à partager
Ne soyons pas prudents
Qu'on s'invite à manger
Et chacun dans sa tête
Dans un rai de lumière
Peut trouver son poète
Et l'appeler son père
Mais c'est rien de certain
L'image est bien trouvée
Le grand tout et le rien
N'ont pas d'identité