Les bulles
Nous vivons dans des p'tites cellules
Des mammifères somnambules
Qui vont devant et qui reculent
Des vies sphériques qui s'articulent
Enveloppés d'un cuticule
Nos coeurs sont fragiles comme du tulle
Il nous faut des conciliabules
Pour faire vibrer nos ventricules
Le vent nous mène et nous bouscule
Dans des p'tits coins au crépuscule
On se regarde on se stimule
On fait l'amour quand on s'adule
Nous retirons nos slips et pulls
Et le champagne se décapsule
Viennent au matin en libellules
Les petites Julies les petits Jules
Voilà que des animacules
Qui ont un cerveau minuscule
Sauf pour leur argent qui les brûle
Décident de qui vit qui s'annule
Ces rois sans noms à particules
Font leurs parades comme des consuls
Pour leur pognon qui s'accumule
Et leurs profits qui nous enculent
Ils assassinent comme des pittbull
Pour l'inutile de leurs bidules
La terre engraisse un groupuscule
Et crève de faim sous canicule
Ici j'appose ma virgule
Ils sont tous seuls et on pullule
Leur fin du monde et leurs calculs
Comme tous leurs arguments sont nuls
Car les idées toujours circulent
Comme le bon sang dans les veinules
Elles se construisent et se modulent
Sans manifeste en fascicule
Loin des discours de vestibule
Des cris d'amour qui capitulent
Loin des saignées de jus d'globules
Avec l'envie pour véhicule
Le fleuve est fort comme un Hercule
Qui brise la digue qui l'accule
Tant va la vie que les crapules
Finissent noyées de ridicule
Nous ne sommes pas des matricules
Des moutons bouffeurs de pilules
Nous sommes surtout des têtes de mules
Pour notre vie brisons nos bulles